Le 13 juin dernier avait lieu l'édition 2022 du Prix du Livre Paris-Aéroport, évènement soutenu par la Fondation d'entreprise du Groupe ADP. Cette année, la thématique était celle du harcèlement à l’école et sur les réseaux sociaux. 1000 élèves issus de 40 classes volontaires, issues des établissements scolaires de nos territoires, ont été invités à voter pour leur livre coup de cœur parmi une sélection.
Et cette année, la gagnante est…Enel Tismaé ! Une jeune auteure au parcours atypique : coiffeuse de formation, elle débute l'écriture par les "fanfictions", pour le plaisir. Puis, prise de passion pour l'écriture, elle décide de publier son premier roman Les temps d´une vie en 2013 chez Nats Éditions. Plus tard, elle écrira, toujours pour la même maison d'édition, On m'a dit paru en 2016 et On m'a dit volume 2 paru en 2018 deux livres sur la thématique du harcèlement subi chez les enfants et adolescents. C'est d'ailleurs grâce à ce livre qu'elle remporte l'édition 2022 du Prix du Livre Paris-Aéroport.
Pour l'occasion, Enel Tismaé a répondu à nos questions !
QUEL A ÉTÉ VOTRE PARCOURS D'AUTEURE ?
J’ai commencé à écrire il y a presque 14 ans. Mon fils était tout bébé et il a réclamé son biberon la nuit, me réveillant et stoppant un rêve. J’ai été frustrée de ne pas avoir « la suite » et une amie m’a dit en blaguant « tu n’as qu’à l’écrire » … Je l’ai fait et tout est parti de là.
Par la suite je prenais tellement de plaisir à écrire que j’ai continué en utilisant les fanfictions. Pour expliquer rapidement le principe, on écrit en empruntant des personnages déjà existants qui vont vivre de nouvelles aventures. Par exemple, Harry Potter n’irait pas à Gryfondor, mais à Serpentard. Ou Bella de Twilight serait vampire et Edward humain. Le monde de la fanfiction a d’ailleurs permis à plusieurs auteurs d’émerger. La saga 50 nuances de Grey par exemple était à l’origine une fanfiction Twilight.
J’ai donc écrit plusieurs textes en empruntant les personnages des autres le temps de me « former » ... J’ai par la suite délaissé les fanfictions pour créer mes propres personnages et univers.
Mon premier roman a été le tome 1 de ma saga Les temps d’une vie pour lequel j’ai remporté un prix en 2017. Depuis j’ai écrit une quinzaine de textes.
POURQUOI AVOIR CHOISI D'ÉCRIRE UN LIVRE SUR LA THÉMATIQUE DU HARCÈLEMENT ?
J’ai écrit sur ce thème, car ma fille qui était alors en CM2 (elle va entrer en terminal en septembre) s’est fait harceler durant toute son année scolaire. La maman que j’étais s’est trouvée démunie et ne savait pas quoi faire, car l’équipe enseignante ne m'a pas aidée. Le CM2 s’est terminé, elle est rentrée en 6e et alors que j’espérais que ça irait mieux, ça a été pire.
Au collège elle s’est non seulement retrouvée avec les CM2 qui la harcelaient, mais ensuite le problème s’est répandu dans les classes supérieures. Par chance, la principale du collège a pris ça très au sérieux et le problème a été vite réglé.
C’était il y a quelques années et le sujet était encore un peu tabou, on n'en parlait pas. J’ai eu besoin d’écrire sur le sujet pour faire sortir la douleur qui était en moi. Jamais je n’avais pensé en faire un album et puis mon éditrice m’a demandé de lire le texte et l’a édité.
Ce n’est pas un album qui a pour but de trouver une solution au problème du harcèlement car chaque cas est différent. La première mission de On m’a dit est de présenter aux enfants ce qu'est le harcèlement en abordant plusieurs situations qu’ils rencontrent dans la cour de l’école. Souvent ils n’ont même pas conscience qu’ils sont harcelés ou que ce qu’ils font/ disent est du harcèlement…
J’ai plusieurs familles qui ont acheté l’album pour aborder le sujet avec leurs enfants, il a vraiment pour but d’ouvrir la discussion.
AURIEZ-VOUS DES CONSEILS À DONNER AUX ENFANTS ET ADOLESCENTS VICTIMES DE HARCÈLEMENT À L'ÉCOLE OU SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX ?
Mon conseil va être le même que ceux qu’ils connaissent déjà : en parler.
Il ne faut pas rester dans sa bulle et faire le dos rond en se disant que ça va passer, car ça ne sera pas le cas la plupart du temps. En parler, crever cette bulle qui enferme les enfants et les fait s’isoler, est le plus important.
Le seul moyen d’y remédier c’est de briser le silence.
Quand je suis venue en avril dernier à la Maison de l'Environnement de l'aéroport de Paris-Orly présenter mon album aux enfants, j’ai une jeune fille qui a demandé à me parler après la séance. Elle voulait me dire merci parce que grâce au concours et aux livres sélectionnés qu’elle avait pu lire avec l’école, elle s’était rendu compte que ce qu’elle vivait tous les jours à l’école c’était du harcèlement. En abordant le sujet dans la classe, elle a réussi à trouver le courage d’en parler à ses parents.
Rien que pour cette rencontre avec elle, je suis heureuse d’avoir été sélectionnée pour ce prix. Si tu me lis, j’espère que tu vas mieux aujourd’hui.
En octobre dernier, c’est une folle aventure qui commence !
C’est en effet à ce moment que j’ai été contacté par la Fondation du Groupe ADP (Aéroport De Paris) afin de m’informer que mon album jeunesse « On m’a dit » avait été sélectionné pour leur prix du livre. Cette année, le thème était le harcèlement scolaire et « On m’a dit » avait retenu l’attention de la médiathèque de Paris, chargée des présélections pour le prix.
On m’informe alors que mon album jeunesse et trois autres titres seront étudiés dans plusieurs établissements scolaires proches des aéroports de Paris. Dans ce but, un échange enfants/ auteur est prévu afin de leur parler du thème abordé.
Et pour que l’aventure soit encore plus folle, je propose à mon illustratrice de me rejoindre. Avec Malice, nous voilà donc en route pour Paris afin de rencontrer les enfants et d’échanger avec eux sur le harcèlement, mais aussi sur nos métiers, sur comment on fait un livre… Au total, c’est avec un peu plus de 200 enfants que nous avons échangés.
Et puisqu’ils sont la cible du harcèlement scolaire, c’est eux qui devront élire leur livre préféré. Presque 1000 élèves endossent donc la casquette de jury…
C’est avec une immense fierté que je vous informe qu’« On m’a dit » a été désigné grand gagnant de cette édition 2022 du Prix du Livre Paris-Orly 2022 ! Du fond du cœur, merci à tous les enfants qui ont voté pour nous !
Mais l’aventure n’est pas encore tout à fait terminée. Une cérémonie officielle de remise du prix aura lieu le 13 juin prochain. Une occasion pour Malice et moi de les remercier de vive voix.
Il y a quelques jours, en rangeant mes fichiers divers et variés sur mes romans, je suis tombée sur un document Word intitulé "Interview décalée". Kesako que ce truc allez-vous me dire ?
C'est une interview à laquelle j'avais participé pour le site Ensorcellement livresque il y a quelques temps (3 ans déjà !) et qui n'a pas été publiée puisque la blogueuse est partit.
Mais j'ai envie de vous la faire partager parce que dans cette interview, ce n'est pas moi qui répond aux questions... mais mes personnages ! Sympa non ?! Je vous laisse donc découvrir ça.
Je précise que cette interview est partagée avec l'accord des nouvelles admins du site.
Hello cher fan, chère lectrice, cher tout ! Parce que nous sommes des fées extra super sympas ! (avouez !) nous avons décidés de vous proposer une interview décalée ! Fini d’interviewer les auteurs ! Ce sont les personnages qui passent à la loupe !
1. Qui es-tu ? Sam : Salut les filles, alors moi c’est Samuel, le héros de la saga « Les temps d’une vie ». Arès : Et moi c’est Arès, salut ! Sam : Mais qu’est-ce que tu fou ici toi ? C’est mon interview. Arès : J’ai entendu dire qu’il y avait une interview et qu’il fallait des beaux gosses donc me voilà.
Sam : C’est les personnages principaux qui intéressent les gens, toi tu es un secondaire et tu n’apparais que dans le tome 2, t’as rien à foutre ici. Arès sur le ton de la confidence : il est jaloux parce que je lui pique toutes ses fans. Si si je vous jure, toutes les nanas (ou presque) qui étaient « Team Sam » sont passées à la « Team Arès ». Il ne l’a toujours pas digéré. Sam : Je vais le tuer ! L’auteure : Les garçons ! Un peu de sérieux enfin ! On reprend.
2. Que penses-tu du caractère que ton auteure t’a collé à la peau ? Sam : il me convient bien, même si j’avoue qu’elle m’a un peu trop assagi à mon goût pour le tome 2. Mon caractère de petit con du tome 1 me manque. Arès : t’es toujours un petit con, c’est juste qu’on ne le voit plus c’est tout * sourire angélique*. Quant à moi je suis le déconneur de service, ça me va bien. Une sorte d’ami fidèle qui sait être à l’écoute quand vous avez besoin. Sam : c’est drôle on dirait que tu décris le meilleur ami de l’homme… le chien !
3. Qu’aimes-tu par-dessus tout dans la vie ? Sam : ma famille. Arès : quel cliché ! Me battre, je suis le dieu de la Guerre après tout, et le sexe. Ou le sexe et me battre au choix.
4. Et ta philosophie dans la vie ? Sam : c’est quelque chose que j’ai appris dans le tome 2 « rien n’est plus puissant que l’amour ».
Arès : bordel et après tu te demandes pourquoi tu perds des fans ? Tu deviens vieux et gnangnan mon pauvre ! Sam : ferme la Arès ou je m’arrange pour le faire pour toi * une boule de plasma prend forme dans sa main* Arès : Oh ça devient intéressant ! L’auteure désespérée et mortifiée : je suis désolée les Fées, il faut toujours qu’ils se cherchent quand ils sont ensemble ! Sam range moi ça ! Arès répond à ta question qu’on en finisse ! Arès : Oh ça va ! « Prends les problèmes comme ils viennent et si tu n’arrives pas à les régler, détruits les. Ensuite, fais la fête ».
5. Comment tu te serais décrit physiquement ? Comme ton auteure l’a fait ? (Fais-nous fantasmer !) Sam : Je suis grand, brun avec des cheveux mi-longs et des yeux noirs. Selon Kayla – l’héroïne de la saga – je suis plutôt bien gaulé. Arès : je reprendrais la phrase que ma chère auteure a utilisé « un homme grand de près de deux mètres et large comme un catcheur pro ». J’ai les cheveux longs… Sam : super longs mêmes on dirait une gonzesse ! Arès : c’est moche la jalousie ! Donc, j’ai les cheveux longs, des yeux bleus hypnotiques (c’est pas moi qui le dit, mais mon auteur) et je suis un dieu grec. Et vous savez ce qu’on dit sur la plastique des dieux grecs.
6. Te sens-tu bien dans ton rôle ? Sam : au poil. Arès : idem, tu vois qu’on peut être d’accord sur un truc. Sam en grognant : question suivante ?
7. Qu’aimerais-tu réellement dire aux autres personnages du livre ? Sam : rien, ils savent déjà ce que je pense d’eux. Arès : quelque chose pour Kayla : nos entraînements me manquent… et il faudra que tu me présentes ta sœur qu’on fasse plus ample connaissance. Kayla : compte là-dessus et boit de l’eau ! Désolée pour l’incruste je me sauve.
8. Comment te vois-tu dans dix ans ? Sam : Comme je suis aujourd’hui, entouré de Kayla et de la ribambelle d’enfants que nous aurons d’ici là. Arès : 10 ans ? Comment veux-tu que je réponde à ça ? J’ai plusieurs milliers d’années. 10 ans c’est comme ci c’était demain pour moi.
9. Aimes-tu ton auteure ? Que pourrait-elle améliorer ? (Vas-y crache le morceau ! Dis-nous tout ! Enfin presque si tu veux continuer à vivre ! ) Sam : Je l’aime beaucoup oui, mais puisqu’on m’en donne l’occasion, je la saisis. Enel : arrête de faire chier ma famille ! Avec toi, on ne peut jamais vivre en paix plus de cinq minutes ! J’aimerais bien profiter de la délicieuse vie que tu m’as donnée si ce n’est pas trop te demander… S’il te plait ?
Arès : Et après on se demande pourquoi il y a des personnages principaux qui meurent subitement ! Pour ma part je n’ai qu’une chose à lui dire : continue sur ta lancée ! Je sais que toi et moi on se comprend.
10. Une chanson qui te représente ? Sam et Arès d’une même voix : Sexy and I know it. Quoi ? On est grecs vous avez oubliés ?
11. Que dirais-tu aux lecteurs de ton auteure ? Sam : Merci tout simplement. C’est grâce à eux que mon auteure peut continuer à écrire et par conséquent me faire exister. Arès : Oui je suis d’accord avec lui. Et pour ceux qui ne la connaissent pas, ruez-vous vite sur les livres. On a hâte d’être entre vos mains.
12. Et la dernière pour la fin ! Une petite photo de toi qui te représente (On te laisse carte blanche ! Bon malheureusement pour nous elle doit être décente !) Sam
Arès : Sérieux ? Tu sors le tee-shirt mouillé ? T’as pas encore compris que tout est dans le regard. Un regard de braise, un léger sourire… et le tour est joué ! Regarde plutôt !
Nous vous remercions d’avoir répondu à nos questions ! Nous espérons que vous aurez conquis les lectrices qui ne vous connaissaient pas encore !
Alors cette interview de Sam et Arès vous a plus ?? Dites moi tout !
Où l'acheter :
Sur la boutique de l'éditeur : ici
Amazon :(à venir)
Fnac : (à venir)
Résumé :
Les enfants "On m'a dit" ont bien grandi. Aujourd'hui, leurs problèmes sont différents mais toujours bien présents....
Enel Tismaé et Malice Zambaux dénoncent à nouveau le harcèlement scolaire mais cette fois, en collèges et lycées où les difficultés rencontrées deviennent plus graves.
Stigmatisations, homophobie, rejets, violences et tentatives de suicides sont évoqués sans tabou mais avec délicatesse.
Prix : 10,50€ ISBN n° : 978-3-95858-210-1 Illustrations par : Malice Zambaux
Bonjour Enel et Malice !
Nous vous connaissons ensemble et séparément sur plusieurs projets. Pouvez-vous nous parler un peu de votre parcours ?
Enel : J’ai un parcours tout ce qu’il y a de plus banal. Pas de grandes écoles de lettres ou autre pour moi. J’ai une formation de coiffeuse. J’ai une fibre artistique fort développée, et la coiffure me permettait de l’exploiter pleinement. Malheureusement, j’ai dû changer de métier pour des soucis d’allergies, mes mains étaient devenues beaucoup trop sensibles pour continuer.
Depuis, je me suis reconvertie dans le milieu du périscolaire. Je suis également bénévole dans deux bibliothèques. Mes collègues s’occupent de l’accueil du public classique et, moi, de l’accueil des scolaires qui avaient déserté les lieux depuis longtemps. Ma présence permet aux enfants d’accéder à la bibliothèque et aux livres, et ils aiment ça. C’est important pour eux de lire, que ce soit pour leur aisance à l’école ou pour leur bien-être personnel.
Malice : Pour moi non plus, rien de bien spécial. J’ai toujours été passionnée par le dessin et, pour être honnête, aucun autre domaine ne me semblait envisageable comme choix de carrière. Du coup, après le lycée, je me suis lancée dans des études de graphisme à Paris. Après ça, j’ai commencé à travailler à mon compte en graphisme et illustration.
Les boulots d’illustration sont souvent assez rares, et je considère que j’ai eu de la chance de travailler avec Nats Éditions sur des couvertures de romans et, bien sûr, sur On m’a dit.
Dans ce second tome, nous retrouvons les personnages de On m’a dit au lycée. Pourquoi avoir choisi de parler de cette période ?
Enel : Dans le premier volume de On m’a dit, le harcèlement était léger, le genre de petites choses qu’on trouve dans toutes les cours d’école ou presque. Mais le harcèlement scolaire est bien plus vaste que les sujets abordés dans le premier volume. Je voulais parler du harcèlement via les réseaux sociaux, du racket, des choses idiotes ou des défis qu’on réalise pour les copains, de la scarification et des tentatives de suicide… Toutes ces choses beaucoup plus dures qui sont malheureusement bien réelles et, pour le faire, il fallait que les personnes grandissent. Je ne pouvais pas aborder de tels thèmes avec des personnages en école primaire, c’était impossible.
Et plus personnellement, je pense que ma fille m’influence également. J’ai écrit le premier volume quand elle a été harcelée en CM1, elle est aujourd’hui en 5ème… Les personnages de On m’a dit ont donc grandi en même temps qu’elle.
Vous aviez déjà travaillé en tandem pour l’écriture et l’illustration de On m’a dit. Comment s’est passé la collaboration sur ce second tome ? Avez-vous suivi les mêmes habitudes créatives ?
Enel : Je ne parlerai pas pour Malice, mais je pense qu’on a travaillé exactement de la même manière que pour le volume 1. À la différence qu’on se connaissait déjà. J’écris le texte seule dans mon coin, puis je l’envoie à Malice, et on en discute. On met nos idées d’illustrations en commun (bien souvent, on est toutes les deux sur la même longueur d’onde, ce qui fait qu’on propose soit la même chose, soit quelque chose de très proche), puis Malice illustre.
J’adore travailler avec elle car elle représente toujours exactement ce que j’avais en tête sans forcément savoir le décrire. Les illustrations et les mots sont parfaitement associés sans avoir eu besoin d’en discuter des heures. Je crois que, sur les deux volumes, je n’ai jamais refusé une illustration de Malice ; ça montre bien, je pense, que notre duo fonctionne parfaitement.
Malice : Pour moi aussi, l’expérience de travail sur ce volume 2 à été très similaire à celle du 1er tome.
C’est toujours très agréable de travailler ensemble. Je n’ai jamais trop de soucis à imaginer des illustrations en lisant ses textes. Dès ma première lecture de On m’a dit – Volume 2, j’arrive déjà à visualiser pas mal de pages. Et même pour les pages où je suis moins inspirée, elle sait toujours me donner de très bonnes idées de direction. C’est une manière de travailler qui me donne un sentiment de liberté créative. Et je suis contente que, sur la création des deux volumes de « On m’a dit », nous ayons toujours été d’accord sur toutes les illustrations.
Est-ce difficile de traiter des thématiques actuelles comme le rejet ou l’homophobie ? N’avez-vous pas eu peur que l’histoire soit trop sombre ?
Enel : Non, du moins je n’ai pas ressenti de telles choses à l’écriture. Ce sont des thèmes malheureusement d’actualité et, selon moi, il est donc important d’en parler, d’ouvrir le dialogue. Nous sommes dans un monde qui évolue sans cesse, il est temps que les mentalités s’y adaptent et l’acceptent.
Pour le côté sombre, là encore je remercie Malice. Elle a un tel talent qu’elle parvient à mettre de la douceur là où il n’y en a pas dans le texte. Je pense par exemple au passage où je parle de scarification. Elle ne montre pas vraiment les choses, tout est suggéré, et je pense que c’est aussi pour ça que le public reçoit si bien On m’a dit. Malgré les sujets délicats qu’ils abordent, ça ne choque pas les enfants ou les parents et permet d’en discuter simplement, ce qui est le but premier de ces deux albums.
Malice : Personnellement, je n’ai pas eu la main dans le choix des thèmes, mais je pense aussi qu’il est très important d’aborder ces sujets avec les enfants. C’est certes parfois délicat à aborder, mais ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas en parler.
Pour le coté sombre des thématiques, j’étais un peu face à un dilemme par contre sur le plan illustrations. Je voulais garder la force du texte et bien la retranscrire, mais je ne voulais pas non plus être trop explicite. Ça reste tout de même un livre pour les jeunes, et je ne pense pas qu’une représentation graphique des éléments dure du livre aide nécessairement le propos. J’ai, du coup, en général opté pour une représentation symbolique autant que possible.
Il y a dans On m’a dit – Volume 2 une volonté de sensibiliser, de trouver des solutions. Pourquoi avoir choisi cette approche ?
Enel : Parce que je ne voulais pas être « une donneuse de leçons ». Parler du harcèlement, OK, mais s’il n’y a pas une solution ou quelque chose à en tirer… à quoi bon ?
Le harcèlement est un véritable fléau qui sévit dans toutes les écoles. Je travaille en périscolaire, je m’en rends bien compte chaque jour. En revanche, les enfants ignorent ce qu’est vraiment le harcèlement. J’ai fait des interventions en primaire où j’ai pu discuter avec des élèves de tous les niveaux… les ¾ ne se rendaient pas compte que les méchancetés qu’ils disaient ou le fait de s’en prendre toujours à la même personne était du harcèlement… ça, ils l’ont compris quand j’en ai discuté avec eux et qu’on a lu le livre.
Le but de On m’a dit n’est donc pas de donner des leçons mais bien de faire comprendre les choses aux enfants (qu’ils soient harceleurs ou victimes) afin que les comportements évoluent par eux-mêmes. Car un enfant qui comprend est un enfant qui réfléchira peut-être avant de s’en prendre à quelqu’un, ou qui viendra peut-être en aide à un camarade harcelé.
Aujourd'hui,
je souhaite vous présenter une auteur que j'adore beaucoup : Enel
Tismaé. Pour cela, vous trouverez sa fiche ci-dessous. Je vous laisse
en compagnie de notre auteur afin que vous puissiez la découvrir un peu
plus ainsi que ces romans.
Question sur l'auteur
1] Que représente l’écriture pour toi ? Un
besoin vital ? C’est bête à dire, mais écrire (ou travailler sur un
texte) est devenu mon quotidien, une habitude de vie et d’organisation.
Si je ne le fais pas… j’ai l’impression qu’il me manque quelque chose.
De plus, je suis quelqu’un qui a besoin de s’exprimer, de laisser couler
la folie de mon esprit… si je ne le fais pas, je suis mal physiquement.
Je dors mal (mes perso viennent me hanter, je vous jure que c’est vrai)
je suis sur les nerfs… Bref pour le bien de tous, il faut que j’écrive.
2] As – tu des petites habitudes lorsque tu écris ? Une
seule : je mets de la musique. Étrangement, la musique m’aide à
m’enfermer dans ma bulle. Elle fait barrage avec les bruits extérieurs.
3] Quel style de roman ne pourrais-tu pas écrire ? Je me suis posé la question il y a peu justement. Je pense que je serais incapable d’écrire un policier ou un thriller. Ça me semble trop complexe à mettre en place lol. L’érotique aussi, je pense que j’aurais du mal.
4] Qu'est-ce qui t’a poussé à te faire éditer ? Un
pari avec une amie (Élodie Costet, auteure elle aussi chez Nats
Éditions). C’était un défi genre « t’auras pas le cran d’envoyer ton
manuscrit ». C’est comme ça que ça a commencé.
5] Que ressens-tu lorsque tu lis une chronique ? Une
terreur profonde mdr ! Déjà la première chose que je fais quand on me
donne une chronique : je file à la fin pour lire la conclusion pour
prendre la température et avoir une idée de ce qui m’attend. Ensuite je
respire (ou non) et je lis la chronique dans son ensemble.
Portrait chinois : (préciser pourquoi)
Si tu étais une déesse grecque, tu serais : Aphrodite, parce qu’elle représente l’amour ^^
Si tu pouvais avoir un pouvoir, quel serait-il :pouvoir tout faire à la vitesse de la lumière, ça m’aiderait beaucoup dans ma vie d’auteure et de maman
Si tu étais un animal, tu serais : un chat, pour passer ma vie à me faire servir par mes maîtres :p
Si tu étais un personnage légendaire, tu serais : Un loup-garou, ça doit être cool de courir à quatre pattes sous la lune.
Si tu étais une année, tu serais :1985. C’est une bonne année, c’est celle où je suis née, elle est forcément excellente non ? XD
Question sur tes livres :
1] Comment t’est venue l’histoire « Les Temps d’une Vie » et « Le choix de l’Ange » ? Pour
les Temps, c’est en voyant une scène d’un film (Jumper rien à voir je
sais) que j’ai imaginé l’histoire d’une femme voyageant dans le temps.
Pour le choix de l’ange, c’est venu d’un rêve. J’ai rêvé d’une amazone
et d’un ange qui se battaient donc j’ai écrit la scène, ça m’a donné une
histoire.
2] Commençons par parler de tes
deux tomes « Les Temps d’une Vie ». D’où sortent les personnages de
Kayla et Samuel ? Lequel des deux a été le plus dur à écrire ? D’où
sortent-ils ? De mon imagination tout simplement lol. Non sans rire,
j’avais les bases de mon histoire, mais à cette époque, je débutais dans
le milieu de l’écriture. Je ne savais donc pas trop comment m’y prendre
pour construire une histoire et écrivait au feeling. Je n’avais pas
spécialement prévu le caractère de chacun. Le plus dur à écrire a quand
même été Kayla… faut dire qu’elle est bien agaçante quand même, XD
3]
D’ailleurs au niveau des personnages des Dieux Grecs, tu as réussi
parfaitement à te les approprier. Comment as-tu fait pour trouver le
caractère et la personnalité de chacun ? Comme dit au-dessus, je ne réfléchis pas spécialement à comment sera tel ou tel personnage. Ça
vient en écrivant. Je savais que Zeus serait le méchant de l’histoire,
je voulais que Perséphone abuse des mots tendres et qu’Arès soit le
déconneur de service. Le reste… ça vient quand je suis plongée dedans.
4] J’ai vu qu’il y allait avoir un tome 3. Que peux-tu nous dire dessus ? Il
y a en effet un tome 3. Un tome 3 qui n’en est pas vraiment un puisque
cette fois, je change de personnage. On ne suivra plus les aventures de
Kayla, mais de Nina, sa sœur. C’est donc plus un spin off qu’une
véritable suite, mais rassurez-vous, on retrouvera quand même Samuel et
Kayla… sauf qu’ils n’auront plus les rôles principaux. J’imagine que
vous voulez savoir qui sera le héros masculin ? Désolée, je garde le
secret pour l'instant, mais les paris sont ouverts ;)
5] Maintenant parlons de ta nouvelle « Le Choix de l’Ange ». Pourquoi avoir choisi d’en faire une nouvelle ? Pour
une raison toute bête : j’ai écrit ce texte pour un appel à texte d’une
maison d’édition. Il y avait une limite de signe à respecter ce qui
explique le format court. Je n’ai jamais pu la proposer puisque la
maison a fermé juste après. J’ai retrouvé le texte il y a peu et décidé
de l’auto éditer pour qu’il soit lu et ne reste pas dans les méandres de
mon disque dur.
6] As-tu décidé de faire une suite ou un autre livre autour de cette histoire ? En
effet. J’ai un projet de roman dans le même univers. J’ai même déjà 3
ou 4 chapitres de cette histoire qui sont écrits, mais ça a été mis de
côté pour l’instant. J’ignore quand je pourrais le reprendre (j’ai
beaucoup de projets sur le feu lol), mais la nouvelle serait un prequel
du roman.
7] Et si tu nous parlais de tes autres projets ? J’ai
beaucoup de projets en courts comme je le disais. Tout d’abord ma
prochaine sortie qui est un jeunesse et qui raconte l’histoire d’une
petite coccinelle. Ça sortira le 15 février prochain chez Nats Éditions. http://eneltismae.blogspot.fr/2015/02/coccy-la-coccinelle.html
Puis
il y a « On m’a dit » qui relate un peu toutes les méchancetés que les
enfants se disent entre eux. Ma fille a été une des victimes de ce genre
de moquerie, je voulais l’aider à ma façon. Peut-être que ça aidera
également d’autres enfants comme elle. La sortie est prévue pour la mi
2016 normalement toujours chez Nats Éditions. http://eneltismae.blogspot.fr/2015/02/on-ma-dit.html
Vient
ensuite « Rédemption », un roman bit-lit qui sera publié chez les
Éditions Sharon Kena en 2017. Le texte sera publié en deux parties. Un
seul tome tiendrait trop du bottin téléphonique :P http://eneltismae.blogspot.fr/2015/02/redemption.html
Puis
« L’accident », une romance contemporaine qui est actuellement en
correction. Avec ce texte, je participerais à un concours au printemps.
Croisez les doigts pour que ça marche ! Si ça n’était pas le cas, il
partirait en soumission dans les différentes maisons d’édition. http://eneltismae.blogspot.fr/2015/12/laccident.html
Puis
il y a donc le tome 3 des « Temps d’une vie » (qui sortira en 2017 si
tout va bien) et le collector du tome 2 des Temps (sortie en fin d’année
ou début 2017). Il sera illustré et contiendra des nouvelles inédites
(déjà écrites). Ça, c’était pour les textes écrits. En
court d’écriture maintenant, j’ai une romance un peu sombre qui parle
d’une femme battue qui tente de se reconstruire. Un tiers du texte est
écrit à peu près. J’ai dû laisser de côté pour m’occuper de tout le
reste. Puis il y a le roman dans le même univers que ma nouvelle
angélique. Ensuite viennent les idées qui sont notées dans un coin… là j’en parle pas, demain on y serait encore !
8] Veux-tu rajouter quelques mots ? Oui j’en profite pour remercier mes lecteurs et les blogueurs comme toi qui me soutiennent. Ça
fait trois ans maintenant que je suis auteur, et jamais je n’aurais pu
imaginer que vous seriez autant à me lire ou me soutenir. C’est vraiment
incroyable. J’ai un peu du mal à réaliser quand je vois des gens
accourir en salon juste parce que j’y suis, ou qu’on m’offre des petits
cadeaux comme ça m’est arrivé il y a peu. Que ça arrive aux grands
auteurs qui vendent des milliers de bouquins c’est normal je dirais,
mais à moi ?? C’est vraiment surprenant ! Bref, merci à tous, j’espère
que mes prochaines parutions vous raviront toujours autant. Je te remercie pour cette interview. Bonne journée
Interview par "Les lectures de Lilly" Novembre 2014
Coucou Enel! Merci beaucoup de m'accorder un peu de ton précieux temps!
Peux-tu nous parler un peu de ton livre 'Les temps d'une vie" ? Pourquoi ce titre?
Bonjour, pourquoi ce titre ? Et bien je dirais qu’il s’est imposé un
peu de lui-même en fait. Le roman raconte l’histoire d’une jeune femme
malheureuse qui rêve à une vie meilleure. Vie qui le serait selon elle,
si elle avait fait des choix différents. On va lui donner l’occasion de
faire les choses autrement elle va ainsi retourner à certain moment de
sa vie qu’elle juge important. Un choix d’étude, un départ toutes ces
petites choses que l’on fait tous dans notre vie et qui nous ont conduit
là où nous nous trouvons aujourd’hui. Le titre fait référence à ces
instants clefs dans la vie de Kayla.
Nous
sommes le 29 septembre, jour oh combien sacré de ma naissance (happy birthday
to meeee !) il est donc temps de mettre en ligne les réponses aux
questions que vous m’avez posées lors du concours.
Certaines
questions sont revenus souvent (notamment le pourquoi des prénoms) je n’y réponds
qu’une seule fois.
Interview par Juliette du blog "Je lis et je raconte" Juin 2014
Enel Tismaé, auteure de mon gros coup de cœur de ce début de
mois "Les temps d’une vie", me fait le plaisir de répondre à mes
quelques questions. Et franchement, sa sympathie et sa proximité m’ont
beaucoup touchée et je vous recommande vivement de lire cette interview,
qui, j’en suis sûre, vous donnera encore plus envie de lire son livre !
1. Je vais être honnête… Votre
livre, je l’ai tout simplement adoré et il s’agit pour moi d’un
véritable coup de cœur ! Alors, je veux tout savoir, d’où vous est venue
cette histoire ?
Avant tout, un immense merci pour cet
enthousiasme et cette super chronique ! Je suis super touchée de savoir
que mon livre vous a autant plus ! On sent dans vos mots que vous avez
adoré le roman et pour moi c’est la plus belle des récompenses je crois,
donc merci.
Ton
premier roman, « Les temps d´une vie », vient de paraître chez Nats
Editions et rencontre déjà un beau succès critique auprès de nos
chroniqueuses partenaires. À
l´occasion de la sortie de l´édition Simple (après les éditions Amazon
et Ebook), nous avons eu l´idée de cette interview pour mieux te
présenter et faire découvrir les coulisses de la parution d´un livre. Merci d´avoir accepté de te prêter au jeu des questions-réponses ! Parle-nous un peu de ton livre Et
bien qu’en dire. C’est l’histoire de Kayla, une jeune femme qui a une
vie merdique, il faut bien le dire. Un beau jour, elle rencontre un
étrange personnage qui lui propose de retourner dans le passé afin de
changer sa vie, et donc d’en modeler une nouvelle qui lui conviendra
mieux. Intervient alors Samuel, son gardien et guide. Au cours de cette
aventure, nos deux héros apprendront beaucoup sur eux et trouveront
l’amour là où ils n’auraient jamais pensé le trouver. N’oublions pas de
parler du soupçon de mythologie grecque qui est présent en toile de
fond. L´avais-tu présenté à beaucoup d´éditeurs avant Nats Editions ? Quelles ont été leurs réponses ? Avant
Nats Editions, le manuscrit a en effet été proposé à d’autres maisons.
Je n’ai pas gardé les comptes exacts mais je dirais 8 ou 9 maisons au
total. J’ai eu des « non » bien sûr, surtout venant des grosses maisons.
L’une d’elle m’a dit qu’elle étudierait le texte pour une publication
en 2015 car planning bouclé jusque là (je n’ai d’ailleurs plus eu de
nouvelles ensuite) et les autres n’ont pas pris la peine de répondre. Quelle a été ta réaction, lorsque tu as appris que Nats Editions souhaitait te signer ? Je
me suis demandé si je lisais bien, lol ! J’avais tellement peur d’avoir
mal compris, que je n’ai rien dit à mes proches avant d’avoir le
contrat avec mon nom dessus. Là, j’ai fondu en larmes (quand on se prend
autant de « non » les uns à la suite des autres, on a tendance à se
dire qu’on n’y arrivera jamais donc ça fait un léger choc d’avoir sous
le nez un contrat d’édition) puis j’ai averti mon entourage que j’avais
un éditeur. S´en
est suivi une longue période (près de 3 mois) de corrections. En tant
qu´auteure, n´est-ce pas difficile de voir son travail autant critiqué,
bousculé, remis en question ? C’est
dur bien sûr car un roman c’est une partie de nous, et on le trouve
très bien tel qu’il est mais je suis lucide également. Je suis une jeune
auteure, c’est mon premier roman, il était donc loin d’être parfait.
J’ai encore beaucoup à apprendre et comme dit l’adage « c’est en
forgeant qu’on devient forgeron ». J’ai donc remonté mes manches et me
suis mise au boulot. Et finalement, même si ça a été dur parfois, je
suis heureuse du travail de correction effectué. J’ai bossé avec une
équipe du tonnerre qui a su me rassurer quand je paniquais en voyant la
tonne de corrections à faire. Le sentiment d’être nulle et d’avoir fait
des erreurs idiotes m’a souvent envahie mais grâce à mes correcteurs et
Natalie, j’ai pu dépasser ça. Je les remercie tous encore pour leur
soutien sans faille, d’ailleurs. Chez Nats Editions, on se sent entouré
et presque en famille. Natalie est d’ailleurs une vraie mère poule avec
ses auteurs. Quand elle voit qu’ils travaillent trop vite, elle retient
les chapitres suivants en otage pour les obliger à ralentir le rythme !
Véridique, je vous assure ! Qu’est-ce qui a été le plus difficile : l´écriture du livre ou la période de corrections ? Je
dirais les corrections car l’écriture s’est faite sur plusieurs mois et
je travaillais à mon rythme. Les corrections, ça a été plus compliqué.
J’avais un rythme de travail plus soutenu, je dépendais d’une équipe qui
attendait après mon travail pour pouvoir avancer. Bref, c’était
complètement différent. Arrive enfin la sortie du livre ! Qu´as-tu ressenti, lorsque tu as tenu ton propre livre entre tes mains ? Je
l’ai caressé pendant plusieurs minutes comme une idiote ! Si si, je
vous assure ! Quand le transporteur m’a livré et que j’ai déballé mon
livre, j’avais les larmes aux yeux. Enfin il était là après tant
d’années de travail ! Mon bébé de papier était enfin né ! Nats
Editions a établi des partenariats avec plusieurs Blogs de lectrices.
En échange de l´Ebook gratuit, elles le lisent et en font une chronique
publiée en ligne. Comment ressens-tu ces critiques ? Ce
que je ressens… Une panique totale ? Je suis quelqu’un qui manque
cruellement de confiance en soi donc quand je tombe sur un lien pour une
chronique, j’ai le cœur qui s’emballe et la peur me prend le ventre.
Est-ce qu’elles ont aimé, détesté ? Vont-elles me descendre en flèche ou
le contraire ? Pour l’instant (touchons du bois pour que cela continue
!) je n’ai eu que des avis très positifs. J’en suis vraiment ravie. Prochaine
étape : le référencement de « Les temps d´une vie » dans la base de
données Electre, sur laquelle beaucoup de librairies se fournissent. Que
ressens-tu à l´idée de tomber son ton propre livre en te promenant dans
une librairie ? Je
crois que le jour où ça arrive, je bloque devant le rayon, et je fonds
en larmes ou je hurle de joie, au choix, lol. Le libraire s’en
souviendra, en tout cas ! Bien
que « Les temps d´une vie » aient mis du temps à paraître, tu es la
première auteur à avoir signé chez la toute jeune maison d´édition
indépendante Nats Editions. Que penses-tu de son évolution ? Je
suis très fière d’avoir été la première à signer avec Natalie. C’était
un pari car personne ne connaissait la maison, ni sa façon de travailler
ou de faire la promotion des ouvrages qui y sont publiés. Mon histoire
et mes personnages étaient-ils entre de bonnes mains ? Allait-on
respecter mon style ? Aurais-je mon mot à dire ? J’avais assez peur, je
l’avoue, et puis finalement je ne regrette qu’une chose : avoir pris une
semaine pour me décider ! Natalie est quelqu’un de très ouvert et à
l’écoute, elle ne fait rien sans mon accord et prend toujours mon avis
même si rien ne l’y oblige. C’est fort appréciable de travailler de
cette manière ! Et puis j’ai peut-être été la première à signer mais pas
la dernière ! Je pense que voir que quelqu’un avait déjà signé a
rassuré les auteurs qui sont venus ensuite et depuis la maison grossit
encore et encore et je sais que c’est loin d’être fini ! Nats Editions a
de très beaux jours devant elle, j’en suis convaincue. Et
si on inversait les rôles ? Tu peux poser toutes les questions qui te
passent par la tête à ton éditrice Nat ! Pas de langue de bois, promis !
;) Sans langue de bois ? Alors c’est parti ! Tu
as ouvert ta maison d’édition cette année. J’imagine qu’on ne prend pas
une telle décision à la légère, qu’est-ce qui t’a conduit à le faire ? En fait, c´est une idée qui faisait son petit chemin depuis plusieurs années mais qui s´est plus ou moins imposée début 2013. J´ai
écrit et autopublié un petit livre témoignage en 2009 et cette
expérience m´avait plu. J´avais envie de la renouveler mais… je n´avais
aucune inspiration ! J´ai pensé à éditer d´autres personnes mais je suis
tombée enceinte de mon fils peu après donc ce n´était pas le moment.
Finalement, l´inspiration est revenue fin 2012 sous la forme d´une BD, «
Les oreilles en déroute », que je scénarise. J´ai trouvé un
dessinateur, Stéphane Louveau, qui fait un travail formidable, et nous
avons lancé la réalisation de la BD. A
l´époque, il était prévu que nous démarchions des maisons d´éditions
mais j´avais réussi à obtenir un partenariat avec le CISIC et des
promesses de don de fabricants d´implants cochléaires (le thème de la
BD) en vue de son impression. Je
me suis dit qu´il serait bien de donner un cadre légal à tout ca,
d´autant plus que, soyons lucides, nous n´avions que peu de chances de
voir notre projet retenu par une grande maison d´édition. Je
me suis donc renseignée sur les démarches pour créer une petite
entreprise et j´ai commencé à chercher d´autres auteurs à publier, vu
que j´avais enfin l´occasion de vraiment faire ce que j´espérais depuis
des années ! Après plusieurs mois d’existence, es-tu heureuse de ta décision ? Oui,
très ! Pour être honnête, les ventes tardent à décoller, car mon
premier imprimeur était trop cher, mais je viens d´en changer et je vais
pouvoir baisser mes prix et être référencée dans Electre, une base de
données sur laquelle se fournissent beaucoup de libraires, donc j´espère
que ca va progressivement s´améliorer. En
revanche, je croule sous les projets ! En trois mois d´existence, j´ai
déjà 22 ouvrages parus, à paraître ou en projet ! Sans parler des
manuscrits encore à l´étude. Dans tout ca, il y a 3 romans, une
multitude de livres jeunesses, 3 BDs et 1 Manga ! De
plus, bien que je travaille exclusivement par emails et un peu au
téléphone, je « rencontre » beaucoup de personnes très intéressantes. Tu
as une équipe qui s’agrandit de semaine en semaine. N’est-ce pas trop
dur d’être la patronne de tout ce beau monde ? Gérer tant de personnes,
avec tous des caractères bien différents, ne doit pas être simple tous
les jours non ? Je
ne me sens pas « patronne », en fait ! Plutôt capitaine d´une équipe de
foot ! Je dirige un peu mais sans être le grand manitou, je n´aime pas
ça. Je préfère être à l´écoute et dialoguer avec mon équipe plutôt que
d´imposer des choses. Ils ont très souvent de très bonnes idées donc ce
serait bête de ne pas les prendre en compte pour des histoires d´égo ! Pour l´instant, j´ai de la chance que tout se passe bien ! Tu
as recruté, il y a peu, des lecteurs pour ouvrir un comité de lecture.
Victime de ton succès ? Tu reçois beaucoup de manuscrits ? Quel est ton
délai de réponse en moyenne ? Je
ne reçois pas tant de manuscrits que ça (actuellement 3 romans et
plusieurs livres jeunesse) mais avec toute la gestion de Nats Editions,
mon travail « alimentaire » et mon petit garçon, je manque de temps pour
les lire sans les survoler. D´autant plus que certains manuscrits sont
malheureusement une réelle perte de temps ! Je
laisse donc les romans à mon comité et s´ils me disent qu´un manuscrit
en vaut la peine, je le lis après eux avant de prendre une décision, car
il est hors de question que je publie quelque chose sans l´avoir lu !
Je dois ensuite défendre mon choix lors de la promo donc comment le
faire si je ne sais pas de quoi je parle ? Tout
cela prend plusieurs semaines, voire 1 mois ou 2, ça dépend du rythme
de lecture du comité, le mien, la longueur du manuscrit. Pour
les livres jeunesse, je les sélectionne directement, bien qu´il
m´arrive de demander à des amis ce qu´ils en pensent. Les délais de
réponse pour ces derniers sont plus rapides : ça va de quelques minutes
en cas de gros coup de cœur à plusieurs jours en cas d´hésitation. Comment vois-tu ton travail d’éditrice ? C´est
avant tout un gros travail de gestion et toutes sortes de tâches:
contrats, comptabilité, administration, création et tenue du site
internet, ventes en ligne, projets à mettre en œuvre, corrections,
promotion, partenaires. Il
y a aussi un côté création car je m´occupe d´une bonne partie des mises
en pages et des couvertures, bien que certains illustrateurs préfèrent
le faire eux-mêmes. Une bonne maîtrise de l´outil informatique est donc indispensable ! «
Les temps d’une vie » est le premier roman à paraître dans ta maison
d’édition, que penses-tu de son succès auprès des critiques et des
lecteurs ? J´en
suis vraiment heureuse, autant pour toi que pour moi ! C´est ton
premier roman, je trouve qu´il méritait d´être soutenu, que l´on te
donne une chance, et tous ces bons retours me confortent dans mon
jugement. Qu’est-ce
qui t’a décidé à me signer lors de la lecture du manuscrit ? Il était
loin d’être parfait et pourtant tu as misé sur moi sans avoir de
certitude quant à l’accueil du public. Tu étais une toute jeune maison
d’édition, je suis une auteure inconnue qui publie son premier roman,
c’était un peu risqué non ? J´ai
aimé l´histoire, tout simplement ! Je marche beaucoup au coup de cœur
et moins au « mais que vont en penser les lecteurs ? ». Les 2 sont
importants, bien sûr, mais je pense que prendre un peu de risques peut
s´avérer payant, surtout quand on démarre ! Et puis il y a cette notion
de défi qui m´attire ! Je suis une toute petite maison avec des tous
petits tirages, ce n´est donc pas comme une grande maison d´édition qui
doit vendre des milliers de livres pour rentrer dans ses frais, ce qui
me permet donc de faire ce genre de folies ! Alors
il y a quelque chose de complètement fou dans ta maison d’éditions, (je
revois encore ma tête quand tu m’en as parlé !), c’est les versions
collectors avec des musiques originales inspirées des textes ! Composées
et écrites spécialement pour les livres qui sortent chez toi. C’est
complètement dingue, c’est la première fois que je vois ça ! Qu’est-ce
qui t’a poussé à offrir ce genre de choses à tes auteurs ? Comment se
passe l’élaboration d’une chanson ? Je
voulais donner un peu d´originalité à mes ouvrages et à ma maison, à
travers le livre Collector. L´idée de BO de livre m´est venue après
avoir retenu le roman « L´échappée mexicaine » (à paraître fin novembre)
dans lequel il y a beaucoup de musique. Etant fan de BO de films, je me
suis demandé ce que ça pourrait donner, si j´adaptais ça aux livres !
Sonia, l´auteure de L´échappée, avait de très bons textes donc j´ai
cherché un compositeur et j´ai trouvé Mess’ qui compose, enregistre et
interprète ses chansons lui-même ou avec un groupe. Au passage, j´ai
découvert que certains des membres de l´équipe (Florian Poirier et
Stéphane Louveau) sont aussi musiciens. Je les ai donc mis sur leurs
propres Collectors et pour l´instant ça rend plutôt bien ! Le seul
inconvénient est que tout cela est long à mettre en place, d´autant plus
qu´il faut déclarer les morceaux à la SACEM. Il y a donc un gros
décalage entre la sortie d´un livre et celle de son Collector. Quelle est ta relation avec tes auteurs, illustrateurs et musiciens ? Excellente
! J´arrive à avoir une relation amicale avec beaucoup de mes
collaborateurs, avec qui le tutoiement est de rigueur ! Je trouve qu´il
est beaucoup plus agréable pour tout le monde de travailler dans une
ambiance cordiale et cela se ressent sur nos relations. J´apprécie aussi
beaucoup l´honnêteté : si quelques chose ne va pas, on se le dit
franchement et on voit comment arranger cela ! C´est en se remettant
constamment en question qu´on arrive à progresser. Quel est ton plus grand rêve ? (professionnellement parlant j’entends, je n’oserais parler de ta vie privée) J´aimerais
pouvoir développer Nats Editions afin de pouvoir en vivre et y
travailler à plein temps ! J´aimerais aussi pouvoir organiser d´autres
événements comme la soirée Livres et Musique du 23 novembre et bien sûr,
pouvoir faire participer mes auteurs à des salons du livre ! Mon rêve
ultime serait de mettre à leur disposition un stand Nats Editions au
salon du livre à Paris ! Il y a une soirée événement en préparation. Peux-tu en parler aux lecteurs ? Comment se passent les préparatifs ? Il
s´agit donc d´une soirée Livres et Musique qui aura donc lieu le 23
novembre 2013 à Schweighouse-sur-Moder (près de Strasbourg) à partir de
16h. Je
la co-organise avec l´Union Sportive de Schweighouse et Florian
Poirier, l´auteur de « Lueur d´espoir », qui est sur place. Ils me sont
d´une aide précieuse, étant moi-même un peu loin (1h30 de Strasbourg,
côté allemand). L´US s´occupe de tout ce qui est salle, boissons, repas, affiches et promo dans les médias locaux. Moi,
je m´occupe de tout ce qui touche à Nats Edition : ateliers dessin pour
les enfants, lecture avec projection des illustrations, stock de livres
pour les dédicaces, hôtel pour mon équipe. Florian
planifie la prestation du groupe de musiciens strasbourgeois S.P. mais
il est aussi l´agent de coordination entre nous tous. J´en profite pour
le remercier encore parce qu´il gère comme un pro!
Merci Natalile pour ce moment unique ensemble ^^ Lien vers le site : http://nats-editions.com/ev-nements/interviewEnel.html
Interview par Cynthia du blog Read A passion Septembre 2013
Bonjour Enel, premièrement merci d’avoir accepté de répondre à quelques petites questions.
Parle-nous un peu de toi, qu’est-ce qui t’a donné l’envie d’écrire ? L’envie
d’écrire m’es venue grâce à une amie qui m’avait proposé d’écrire une
fan fiction à quatre mains. Je me suis lancée, j’ai adoré, je n’ai plus
jamais lâché la plume depuis.
Où trouves-tu tes idées ? Un
peu n’importe où à vrai dire. Ça peut venir d’un rêve que j’aurais
fais, une scène de film/ série que j’ai vu, une pensée qui me traverse
soudain l’esprit. N’importe quoi. Il suffit que je vois une scène de mon
histoire et le reste s’enclenche presque tout seul.
Je trouve que le sujet de ton livre est très bien trouvé comment l’idée t’es-t-elle venue ? (Chronique) «
Les temps d’une vie » est né quand j’ai vu une scène du film « Jumper »
qui n’avait pourtant rien à voir. Mon homme regardait le film, j’ai
posé les yeux quelques secondes sur l’écran et immédiatement, j’ai
imaginé une jeune femme qui voyageait dans le temps pour changer sa vie.
Il ne suffisait plus qu’à réfléchir au pourquoi et comment et j’avais
mes bases.
Toi
aussi aimerais-tu rencontrer un vieil homme te permettant la même chose
que Kayla ? Si oui qu’est-ce que tu aimerais changer (pas trop
personnelle la question…) La
question est intéressante. Je pense qu’on a tous des regrets concernant
notre vie et on aimerait tous pouvoir retourner dans le passé pour les
changer (je pense d’ailleurs que c’est vraiment ce qui fait envie aux
lecteurs qui lisent mon histoire). Personnellement, si je devais changer
quelque chose ça serait mes études. Comme Kayla j’ai suivis un cursus
qui ne me plait pas, ou du moins plus. J’ai une formation de coiffeuse
alors que je voulais travailler dans la photo (ça ne vous rappel pas
quelqu’un ? lol) mais faute de renseignement et de guide au collège j’ai
choisis la coiffure qui était mon second choix.
Quel est ton personnage préféré ? C’est
dur comme question car je les aime tous que ça soit Samuel, Kayla,
Chronos ou Hadès, je les adore. Si je devais n’en choisir qu’un, je
dirais Samuel car c’est grâce à lui que Kayla évolue tout au long de
l’histoire. Te trouves-tu proche de l’un de tes personnages ? De
tous ! Ce sont mes enfants de papier ! C’est dur à comprendre
certainement pour ceux qui n’écrivent pas, mais c’est vraiment comme ça
que je le ressens. Mes personnages font partis de moi. Pendant toute la
phase d’écriture (et même bien au delà) ils sont présents chaque jours
dans mon esprit. Ils m’habitent presque je dirais lol. Quand ils sont
heureux, je le suis aussi et je pleure avec eux quand ils sont tristes
et malheureux.
Parle-nous un peu de tes futurs projets sans trop nous en dévoiler bien sûr. Mes
futurs projets et bien que dire. Il y aura tout d’abord le tome 2 Des
temps d’une vie qui sera beaucoup plus centré sur le coté mythologie
cette fois. Ensuite j’ai deux ou trois autres projets en tête dont un où
j’ai déjà couché les grands lignes de l’histoire. On gardera le coté
mythologie et Grèce antique que j’aime tant mais ça sera différent de
mon premier roman. Un tout autre univers.
Dans quel genre d’ambiance aimes-tu écrire, dans le calme, dans la musique ou autre ? Dans
le calme et en musique, même si c’est assez paradoxale lol. La musique
me sert de filtre avec le monde extérieur et m’enferme dans ma bulle
mais s’il y a trop de bruit (ce qui est souvent le cas quand on a deux
enfants !) la musique ne suffit pas et dans ce cas je n’arrive pas à
écrire.
Pour boucler notre interview des petites questions générales : Si tu devais conseiller une personne qui voudrait se lancer dans l’écriture, ça serait quoi ? De
ne pas avoir peur et d’oser tout simplement. Souvent on me demande
comment je fais pour avoir autant d’imagination (car il faut savoir que
depuis 5 ans que j’écris, j’ai couché presque une dizaine de fanfiction
et d’histoire diverse) je ne sais quoi répondre. Ça vient tout seul. Il
suffit de se lancer et avant qu’on s’en rende compte, on a un pavé de
400 pages entre les mains !
Mise à part l’écriture quelles sont tes autres passions ? Les
séries que je regarde en très grand nombre, le graphisme (je ne suis
pas super douée mais je me débrouille pas trop mal je pense) et les
bijoux que je créée. J’ai beaucoup d’imagination en fait donc tout ce
qui me permet d’évacuer est bon à prendre
Lis-tu aussi ? Si oui, quel genre de livre aimes-tu ? Je
ne lis pas, je dévore lol. Je lis un peu de tout en fait, sauf tout ce
qui est roman historique, là j’avoue j’ai un peu de mal. Je lis beaucoup
de bit-lit et de young/ new adult. Tout ce qui touche à l’antiquité ou
aux dieux grecs aussi vu que j’adore ce sujet.
Nous avons fait le tour donc je te remercie encore de ta participation et à bientôt pour la suite de tes aventures.
Un grand merci à Cynthia pour sa gentillesse, j'ai passé un super moment.
Lien vers son blog : http://read-a-passion.blogspot.fr/2013/09/interview-auteur-enel.html